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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 22:55

Je le connais, s’appelle Michel
Comme tous les zonards au chomage.
Je l’ai croisé dans le métro,
Assis par terre et immobile,
La tête basse, le cheveu fou.


Je le voyais plein d’une vinasse
Qui lui avait empli les yeux,
Et dans ses larmes je voyais
Qu’il avait mal dedans sa peau
Et q u’il tenait à peine debout
Dedans cette vie qui l’abandonne.

Je le connais, l’ai déjà vu,
Déguenillé, cassé, foutu.
Le vin l’attaque et tue son sang
Et tous ses membres s’engourdissent
Et chaque pas devient pesant.
On dirait que la terre l’avale,
On dirait que la fin commence.

Pauvre Michel, pauvre bonhomme,
Je sais, t’as mal et t’es tout seul.
T’as plus de femme, même plus en rêve,
T’as plus d’enfant, aucun te r’garde,
T’es plus personne à part tes jambes ;
Elles te font mal, te mette à terre
Te font chuter comme l’arbre mort.

T’as fait sous toi, tu t’sens puant,
Pas mieux qu’un môme qu’a peur des grands,
Un p’tit enfant qui s’sent coupable.
Dans ton regard, on pouvait lire
Une oraison, un chant funèbre.


Cette vielle folle qui coupe les têtes,
Si elle courait dedans ton corps,
Si elle voulait  te prendre ce soir ?
Ta voix s’effondre et tu t’inclines
Priant l’passant et t’effacant.

 Je le connais, s’appelle Michel,
Comme tous les clochards de son âges,
Mais moi aussi j’m’appelle Michel,
Comme tous les quidams de passage.

 

Tydé

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Published by tydé - dans misères
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