A quoi servent les mots sinon à être dits pour opposer aux maux un peu de notre vie ?
La légende de Noël nous fredonne son doux air
tant que voir un enfant est porteur d’un espoir
si l’horreur, le mépris n’ont pas brisé le charme,
si l’enfant est une aube qui nous sort de la nuit.
Chaque enfant est Noël, Noël au fond de nous
tant qu’on est étonné, surpris, émerveillé,
depuis l’exaltation dès le sein arrondi,
du présent dénuement, de la grandeur promise.
Ni la seule volonté, ni l’acte de la chair,
mais le désir seulement ou presque son oraison,
explique, malgré l’humain, ce plus et autre qui vient :
quelque chose de divin semble nous arriver.
C’est une folle aventure qu’un enfant nouveau né,
à la fois petit Dieu qui veut nos dévotions
et morceau de chair fraîche qui peut être dévoré
si on oublie trop vite qu’il faut le protéger.
Chaque enfant nous promet peut-être un monde meilleur,
doit on attendre de lui qu’il soit notre sauveur ?
rachètera-t-il donc nos vies et leurs erreurs ?
et nous offrira-t-il un peu d’éternité ?
Bien sûr, ces petits êtres, où qu’ils naissent, qui qu’ils soient,
appellent nos hommages de bergers ou de rois,
mais rien n’est évangile si la part de l’enfance
est gaspillée trop tôt, tel un ciel en guenille.
Tydé