A quoi servent les mots sinon à être dits pour opposer aux maux un peu de notre vie ?
Au commencement de l’Homme, il y avait Dieu et Dieu était partout : Dans le souffle du vent, dans la bruit de la pluie, dans le feu de la foudre, dans le mystère des arbres, dans le ventre arrondi d’une mère. Il n’y avait pas de livre, pas de temple,...
Dans l'émerveillement, c'est le monde déjà créé qui offre à notre perception de quoi faire bondir de joie notre coeur. L'esprit est ouvert à l'étonnement, à la beauté, à la grâce ou à la magie de la vie. Dans l'immerveillement, les splendeurs de la création...
Le sourire des enfants est ma seule religion. J'y vois plus que partout ailleurs la possibilité d'un sens à l'existence. Dès que je veux vérifier si quelque chose est important dans la vie, je dois me demander si cela ferait sourire un enfant. Il sourit...
L’autorité n’est pas domination de l’autre, mais habitation de soi ; pas soumission, mais relation ; pas supériorité, mais authenticité, pas répression, mais prévention, pas vengeance, mais justice, pas prétention, mais partage de soi. L’autorité n’interdit...
Par un étrange détour, à mi chemin d’amour, un visage réfléchit mon âme et ce qu ‘elle vit. Il m’offre sa présence comme un surcroît de sens, immédiate espérance d’une impalpable alliance. L’œil écoule des larmes que ses sourires désarment, la peine s’emmêle...
L’hôpital psychiatrique, le mot le dit, c’est d’abord un lieu d’accueil, d’hospitalité ou de refuge pour celui qui est sans toit, ni moi. Bien sûr, ce n’est pas un nid douillet, l’aimable abri de toutes sortes de folies douces et de fantaisies de comportements....
Noël, comme l’enfant nu, A bien besoin de nous, Sa vie est si ténue, Une vie encore bien floue. En se faisant fragile Au plus long de la nuit, Le beau bébé gracile Dépend tellement d’autrui. L’avenir est possible, Mais d’abord sans puissance, Jamais irrésistible,...
Je n’me prends pas pour un poète, Je n’suis même pas vraiment esthète Et ma culture est bien pauvrette : Y’a la télé et internet. J’ai mon Rimbaud qui’est périmé, J’ai tout Baudelaire qui finit mal, J’ai Aragon qui’est au goulag Et même Prévert hors inventaire....
Ça tient à peu de chose qu’il y ait quelque chose, le temps fait son ouvrage, c’est un étrange mage, qui prend dans les étoiles de quoi faire sa toile. Papillon éphémère posé un temps sur Terre, tout vient donc du ciel, de la forge éternelle, de son feu,...
L’enfant qu’on bouffe tout cru à la table du monde aurait sûrement voulu autre chose de cette ronde qu’insouciance et folie pour faire naître demain et faire pousser la vie le long de son chemin. Il pleut sur son visage un eau rendue acide tous ses beaux...
Le profond désarroi d'un beau prince danois tenant le regard vide d’un crâne nu impavide empare parfois mon corps à l’idée de la mort. L’implacable tranchant, en passant dans ma chair, mêlera peur et sang dans l’esprit qui se perd et hurle un dernier...
L’amour est un jardin, une aire de lendemains, une grâce, un travail, où rien n’est vaille que vaille. Petit bout de nature, autant que de culture, il y faut tous les temps, pas seul’ment de printemps . Rien n’y reste inchangé, il faut savoir s’en arranger,...
Le ciel serait désert et les églises en ruines, la dépouille de Dieu pendue à un bâton comme une guirlande éteinte déchirée par la pluie, il resterait les hommes et leur vie chaque jour. Il resterait ce manque, l’irréversible écart, ce dépôt de souffrance,...
Sous le coup d’un éclair Qui vient frapper la tête L’insouciance la plus fière A l’allure d’une défaite. La soudaine conscience De cette fugacité Est bel et bien la science D’une drôle d’éternité. L’instant est seule durée Pour renouveler l’amour, Il...
Cet ange n’est qu’un bébé, Un trop petit bébé A la chair fragile A la tête bien tendre. Il devait lui rester Tout un bel avenir Faits d’espoirs et de rêves, De promesses à tenir. Il lui fallait nos mains, Il lui fallait nos yeux, Notre cœur attentif Pour...
Cet ange n’est qu’un bébé, Un trop petit bébé A la chair fragile A la tête bien tendre. Il lui fallait nos mains, Il lui fallait nos yeux, Et nos cœurs attentifs Pour vivre et pour grandir. Il avait tant à vivre, Tant de matins à voir, Tant de rire tant...
On se croyait un fleuve prévisible et tranquille , indiscutablement, bien posé dans son lit. On se croyait un fleuve, mais on n’en est qu’un flot, un quelconque remous sous les caprices du temps. Le tourbillon de l’onde pourrait nous engloutir ou nous...
La vie ne se retient, pas plus que l’eau en main, elle rejoint l’horizon au fil de ses saisons. Mais quel est ce qui part, Au-delà du regard, de ce père, de sa voix, et qu’on conserve en soi ? C’est l’essence peut-être de ce qu’il a pu être, pour que...
Je volerais ton coeur, je volerais ton âme si je le savais, si je le pouvais. Je te confisquerai, je gardrais ton corps, je le lierais à moi, prisonnier de mes bras. Comme le vent la pluie, unis dans la tempête, mieux que le feu la braise, nous tonnerons...
L’amour est foi étrange, Un culte de l’absolu Aux autels sauvages Qui fait dieu d’un doux songe Et Eden d’un instant. Il a ses initiés, Et ses blasphémateurs, Une foule de dévots Qui croient encore en lui Et un charnier rempli Des victimes de son zèle....
Je t’aimerai absolument au grand mépris du cours du temps, jusqu'à tomber un jour d’effort, jusque-à toucher un jour la mort. Comme un instant, comme un grand feu, fugace, intense et lumineux, je brûlerai dans tes bras tendres, tel un phoenix dedans la...
Ecrire, C’est sortir du cri, Brisant d’un trait l’indicible, Pour opposer les mots aux maux Et garder la parole. Ecrire, En ouvrant aux plaisirs de la création, Tue le rien, qui nous nie En tissant les liens d’encre Où se trame l’humain. Ecrire, En écoutant...
L’enfant qu’on mange cru à la table du monde, écartelé déjà de tourner dans la ronde, espère peut-être encore autre chose de nos mains, qu’insouciance et folie pour faire naître demain. Il pleut sur son visage une eau rendue acide, le jardin où il joue...
Il y a de la chose, il y a de la chair, il y a de la vie. Il y a quelqu’un, un parmi d’autres , tiré presque au hasard. Puis vient le nom, le nom d’appel, le nom qui dit oui. Il n’est pas seul, puisqu’ils sont deux, puisqu’ils sont trois. Le temps le...
Les maisons alignées, des maisons d’ouvriers, Font tout un paysage et toute une cité. On y trouve la vie parfait’ment résumée, Un fatras de destins, tout un monde étalé. Les façades nous sourient quand elles nous voient passer, Parfois la porte ouverte...