A quoi servent les mots sinon à être dits pour opposer aux maux un peu de notre vie ?
Le temps file sans relâche
et nos vies s’y résument :
tels la cire en lumière
et l’encens en prière,
les jours passent et consument
nos chairs et nos attaches.
Et nos vieux coeurs d’enfants
ne savent où disparaît
le feu quand il s’éteint ;
il nous paraît si loin
que tout semble en arrêt,
sauf le murmure du vent.
Tout emplis de tristesse,
souvenons alors,
posant dernier baiser,
du visage apaisé
offert malgré la mort
comme un geste de tendresse.
Le cœur et la mémoire
sont l’éclat dans l’absence,
le signe de l’au delà.
En creux, l’empreinte est là
qui garde tout son sens,
en creux, comme l’encensoir.