A quoi servent les mots sinon à être dits pour opposer aux maux un peu de notre vie ?
On se croyait un fleuve
prévisible et tranquille ,
indiscutablement,
bien posé dans son lit.
On se croyait un fleuve,
mais on n’en est qu’un flot,
un quelconque remous
sous les caprices du temps.
Le tourbillon de l’onde
pourrait nous engloutir
ou nous jeter plus loin,
sur une rive incertaine.
On se croyait un fleuve,
mais c’est plus vague que ça,
c’est la vie qui s’écoule
de nos yeux sur nos joues.