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A quoi servent les mots sinon à être dits pour opposer aux maux un peu de notre vie ?

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La flamme soufflée

La flamme parfois s’éteint,

Arrachée à la cire

Par le vent, le tonnerre

d’une tempête imprévue

 

La chaleur, la lumière

qui auraient dû danser,

se consumant tout doux,

S’effacent tout brutalement.

 

Et la mèche qui flamboie,

Sans presque vaciller,

ou à peine un instant,

n’est déjà que fumée.

 

Le jour paraît défait,

L’obscurité soudaine,

Tel un hiver glacial

Impitoyablement cruel.

 

Le trou béant ouvert

Est autant solitude

que stigmate de l’absence

et silence de l’azur.

 

Les yeux ne sont que larmes,

Ils voient sans horizon,

Sans comprendre la nuit

Ni n’attendre plus d’aube.

 

Il ne reste que le cœur

Pour allumer encore,

Et dans l’éternité,

La veilleuse soufflée.

 

La flammèche disparue

N’est plus feu, mais encens,

Le cordon est coupé

Qui la faisait de terre.

 

C’est maintenant au ciel

Peut-être qu’elle crépite,

Ajoutant sa lumière

A la voûte céleste.

 

Les paupières fermées,

La mémoire aux aguets

Et l’âme comme à l’affût,

On peut voir qu’elle virevolte.

 

Tydé

 

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