A quoi servent les mots sinon à être dits pour opposer aux maux un peu de notre vie ?
Sommes-nous donc dans l’impasse,
coincés au pied du mur,
comme vaincus de guerre lasse,
craignant feu aux masures ?
M’aimes-tu plus qu’il faut,
Est-ce que je t’aime assez,
Comment va mon ego
Quand nous sommes enlacés ?
Je suis tellement voilé,
comme une roue bancale,
un faux ciel étoilé,
prisonnier à fond d’cale.
Ma liberté n’est pas
Ou bien celle d’un caillou,
Petite pierre à faux pas
Où se meurtrissent les doux.
Je fais plutôt souffrir,
je n’offre plus d’espoir,
quelque chose va périr
dans ces folles déboires.
Mes chaînes sont puissantes
Puisque faites de ma chair,
C’est moi-même qui me hante
Comme un être désert.
L’immense pourriture
De ma conformité
Se donne la devanture
D’un confort tout mité.
L’équipage de fortune
Affronte cet abîme
De lames et d’amertume
De fureur assassine.