A quoi servent les mots sinon à être dits pour opposer aux maux un peu de notre vie ?
Il y a de la chose,
il y a de la chair,
il y a de la vie.
Il y a quelqu’un,
un parmi d’autres ,
tiré presque au hasard.
Puis vient le nom,
le nom d’appel,
le nom qui dit oui.
Il n’est pas seul,
puisqu’ils sont deux,
puisqu’ils sont trois.
Le temps le déploie,
le temps l’étire,
le temps l’écoule.
Ca fait des histoires,
des histoires qu’on raconte,
ou qu’on veut effacer.
Quand on lui parle,
il se découvre,
il se connaît.
Être l’autre d’un autre,
être le soi d’un soi
et se mettre à parler.
Pouvoir dire « nous »,
pouvoir dire « toi »,
c’est le passe à « je ».