A quoi servent les mots sinon à être dits pour opposer aux maux un peu de notre vie ?
J’ai été un perchoir à oiseaux déplumés, un cheval bondissant et un arbre à enfant. J’ai été votre ami si j’en crois les serments que vous ne savez dire sans écran de fumée. Et j’ai voulu tenté de vous apprivoiser, presque pour m’excuser de ne pas bien...
L’humanité est singulière, aussi solide que délétère. Ce n’est une grâce, ni un état, plutôt un rêve ou un combat . Elle n’ est peut-être qu’une conquête autant sur l’ange que sur la bête. Elle est étrange et familière, tantôt de miel, tantôt saumâtre,...
La vie est belle comme une torture, Aussi parfaite qu’une imposture, C’est un bonheur de chaque instant, Un grand bonheur qui fuit l’passant La vie est belle comme un éclat Qui vient crever les yeux béats, Un bel éclat bien affuté Qui vient trancher nos...
Pellicule de conscience Sur une bulle de matière Fait de poussière d’étoile Autant que d’océan, Je se promène au gré D’un songe ou d’un mensonge Tissant sa destinée Du fil de ses visions. Qui est je, que sait-je ? Une collection étrange De faits et de...
Sommes-nous donc dans l’impasse, coincés au pied du mur, comme vaincus de guerre lasse, craignant feu aux masures ? M’aimes-tu plus qu’il faut, Est-ce que je t’aime assez, Comment va mon ego Quand nous sommes enlacés ? Je suis tellement voilé, comme une...
La crise est une bête sauvage, un prédateur affamé, un vampire sorti de nos cauchemars. Avec brualité elle vient frapper d'un coup de massue, d'un grand coup de barre, par derrière, sur nos nuques et nos crânes. Comme un coup de tonnerre, comme une gerbe...
Dans le bourbier du pire silence, Sans retour, ni joie, je m’avance A chaque pas plus lourdement Et bien irrémédiablement. Telle la lumière dans un trou noir, Attirée, piégée, sans espoir, Mes mots s’effondrent sur eux même, Infiniment pesants et blêmes....
Dans nos cités tout excitées, dans nos villages et sur nos plages, rode l’enfant loup, l’enfant voyou ; fils de personne, on l’abandonne à la folie, la sauvagerie, sans qu’il habite dans nulle limites. Voleur inculte jamais adulte, il vit sans loi, ni...
Dès que j’aperçois un peu de ton toi, tu fais mon émoi au delà des lois. Tu m’as pénétré de tes jolis traits, mon cœur, mes pensées sont tes possédés. Ne part plus jamais, ou pas sans m’aimer, sois l’instantané de l’éternité. Quelque chose du feu, d’un...
Le Dieu de mon enfance, tout’ bonté, tout’ puissance, gît là, dans ma télé, les bras écartelés ; le beau Dieu aux yeux bleus, ce seigneur bienheureux, s’est écrasé par terre comme un trop vieux grand père. Bien avant qu’il soit mort l’espoir restait à...
Il était seul avec ses chiens Et il jouait de la musique Et il chantait de la musique. Il écoutait dans son fauteuil Tonner les orgues, sonner les cors, Gémir l’archer et le clavier Et c’est d’ma faute s’il a pleuré. Et c’est là que je suis arrivé, J’avais...
Une larme de mort accrochée à mon sang tache ma jolie peau d’une maudite étoile, paraît le sceau maudit au revers de ma vie. J’avais tant désiré les plaisirs de ton corps, mais je m’y suis brûlé d’un poison d’amertume qui me ronge et me nie sous une pluie...
Eus-tu peur, eus-tu mal au départ matinal, cette peur du linceul, la douleur d’être seule, quand ton souffle s’est enfui, comme perdu dans la nuit ? T’aurai-je donc trahie d’être loin, insouciant, en ce matin maudit qui t’as privé de temps en recouvrant...
L’âme d’un enfant, comme un creuset ou une argile, est le passage où l’amour est indélébile, c’est un vitrail de cathédrale en pleine lumière, c’est un roman à peine écrit, à peine ouvert. L’âme d’un enfant, comme une empreinte ou un reflet, est à l’image...
Au début sans limite, sans dehors, ni dedans, comme les êtres d’un mythe sans nul commencement, nous étions tout partout, sans corps et sans conscience, nous étions, comme des fous, pouvoir et ignorance. Savez-vous donc comment, par quel enchantement,...
Le profond désarroi d’un beau prince danois tenant le regard vide d’un crâne nu impavide empare parfois mon corps à l’idée de la mort. L’implacable tranchant, en passant dans ma chair, mêlera peur et sang dans l’esprit qui se perd et hurle un dernier...
Imagine un navire, un vaisseau de draps blancs, à peine une chaloupe ou un lit d’hôpital. Imagine l’abîme, toutes lames sorties, qui passe à l’abordage et sans faire de quartier. La charpente dérisoire, le tout fragile esquif, sous l’assaut de la vague,...
Ma Belle, Imaginons un instant que les enfants deviennent, non pas ce que nous voulons pour eux, non pas ce que la parfaite image de la réussite qu l’on projette sur eux, mais l’étrange reflet que nous manières d’agir, de communiquer ou d’être laissent...
J’ai une bombe dans la main, J’ai une bombe pour demain, La dernière armes des opprimés, Le cri de haine des mal-aimés. Amant désespéré du monde Et fils bâtard de l’aujourd’hui, Révolté de ce spectacle immonde, Je me rebelle ou c’est la nuit. Alors, pareil...
Un crépi de grisaille, Une porte de bois, Des murs tout pelés : Caverne d’Ali Cracra. Tout paraît en bataille, Tout y est de guingois, Sauf l’écran de télé, Un superbe écran plat. Tout est fait de silence, Silence assourdissant, Et de colère aussi, De...
Le temps file sans relâche et nos vies s’y résument : tels la cire en lumière et l’encens en prière, les jours passent et consument nos chairs et nos attaches. Et nos vieux coeurs d’enfants ne savent où disparaît le feu quand il s’éteint ; il nous paraît...
Marcher sans arrêt, ne plus avancer, marcher sans sommeil, la peine en éveil, retourner une fois ; retourner chaq’ fois, au désert ardent, au désert brûlant où j’échoue blessé, les poings acérés. Comme un abandon, une nuit sans pardon, un cri de douleur,...
Les liens de filiation sont la terre nourricière où plongent nos racines et d’où sortent nos fruits ; ils arriment à demain et appellent à s’élever. Les liens de l’origine ont d’étranges dénouements, ce sont des fleurs fauchées qui, en perdant leur chair,...
Vole pas ma mort mon frère, n’triche pas avec mon sang, c’est trop grave de mourir, aussi grave que de naître. Regarde moi mon frère, même si je suis affreux. Je n’ai que ton silence et ta main dans la mienne. Soit le vent dans mes voiles vers ce plus...
Pour que mes lendemains ne soient pas qu'un hier Et pour que mes ici soit aussi un ailleurs, Pour que mes petits pas ne creusent pas leurs ornières Et pour tenter peut-être de devenir meilleur, Je m'en vais, c'est bien triste, parce que le vent me pousse...